L’interview de Lina, maman à Casablanca

Natalys : Bonjour Lina ! Pour commencer, pourrais-tu nous présenter ta petite famille ?

Lina : Mon mari s’appelle Saad il a 37 ans, il travaille dans une société qui commercialise du zellige (de la mosaïque traditionnelle) haut de gamme faite main. Nous avons eu notre première petite fille Izza le 23 novembre 2015, elle a donc 14 mois. C’est le prénom de son arrière grand mère paternelle. C’est d’origine berbère. C’était un beau bébé de 3,8 kg et 50 cm.
Nous avons aussi un chat, une femelle très moche, nommée Channing, hommage au film d’épouvante “Shinning” (car elle fait peur) et au fait que c’est un Chat… Peu de gens comprennent le jeu de mot :). C’est la guerre entre elle et Izza, qui lui cherche des noises toute la journée.

lina sad

Lina, la petite Izza et Saad.

Natalys : Tu peux nous raconter ton parcours de vie ?

Lina : J’ai 38 ans, je suis avocate depuis 2005, associée depuis 2012 d’un cabinet d’avocats français installé à Casablanca. Je suis née à Rabat, la capitale, mais j’habite maintenant Casablanca, la ville économique. J’ai vécu 13 ans à Paris, à partir de mon bac. J’ai décidé de rentrer assez précipitamment, sans trop réfléchir, car sinon je serais encore à Paris où j’avais toute ma vie, mes amis, etc. Ça a été un concours de circonstances : j’ai quitté mon job, eu une autre opportunité au Maroc quelques mois après et je me suis dit que si je ne partais pas à ce moment-là, je ne bougerai jamais. Je ne me voyais pas vivre à Paris toute ma vie. Ce n’est pas évident d’être entre deux pays, on se sent toujours déracinée. Maintenant, Paris et mes amis me manquent…
Mais choisir, c’est renoncer.

Natalys : Toi qui as vécu en France et au Maroc, est-ce que tu perçois des différences au niveau de la grossesse et de l’accouchement ?

Lina : Je parle du privé, car je ne connais pas le système de santé public ici. Au Maroc, il n’y a pas de système de sage-femme qui vous suit durant votre grossesse. On choisit un gynécologue obstétricien pour tout le suivi et c’est lui qui nous accouche le jour J.
J’ai toutefois fait appel à une sage-femme privée qui venait à domicile me faire des séances de sophrologie, de préparation à l’accouchement et tout simplement qui m’expliquait ce qui se passait durant ma grossesse. Ma mère et ma sœur étant à l’étranger, je me suis surtout documentée seule, avec mon mari. J’ai beaucoup utilisé l’homéopathie.
J’ai accouché dans une clinique privée, par césarienne, car Izza était en siège et plutôt un gros bébé. C’est assez dur comme acte et les suites sont très douloureuses, j’en garde un très mauvais souvenir.
J’ai l’impression qu’ici c’est beaucoup plus médicalisé et que le recours à la césarienne est plus fréquent, de confort, pour les médecins (prévisibilité) et pour les mamans. Cet acte est également mieux remboursé par la sécurité sociale ici qu’un accouchement par voie basse.

Natalys : Est-ce que tu as eu un congé maternité ? Et ton mari ?

Lina : Oui, de deux mois, c’est normalement trois mois. Mon mari a eu droit à 3 jours, ce qui est très court et injuste.
Les premières semaines sont très dures, on ne comprend rien à ce qui nous arrive, même si on est prévenus avant. L’allaitement a été un parcours du combattant que j’ai rapidement abandonné, malheureusement, mon bébé ayant beaucoup d’appétit. Je suis passée au biberon rapidement. On a beaucoup de chance ici d’être aidée pour l’intendance (ménage, courses, etc.) ce qui nous laisse du temps pour nous occuper du bébé.
J’ai eu aussi beaucoup de chance (mais ça je le savais :-) ) car mon mari était très présent, c’est lui qui s’est levé toutes les nuits (avec un système de roulement au début) car il se rendort plus vite que moi. Il a quand même était très fatigué au bout de quelques semaines de ce rythme. Il continue d’être très présent, il y a une répartition équitable des taches concernant Izza. On a fait ça au feeling, en fonction des compétences de chacun.

izza

Natalys : Comment arrives-tu à combiner ton métier d’avocate avec la maternité ?

Lina : J’ai la chance d’avoir trouvé une nounou la journée, qui part vers 17h30 et qui dort deux soirs par semaine à la maison. Je rentre donc à 17h30 les autres jours et si je dois continuer de travailler, je travaille de la maison quand mon mari rentre vers 18h45/19h00. Le weekend on est souvent chez mes beaux parents, qui gardent la petite si on a des courses à faire à deux.
J’ai beaucoup de chance à ce niveau-là, quand je compare avec mes amies avocates à Paris. De leur côté elles alternent entre crèches et garde à domicile et ce n’est visiblement pas évident et beaucoup plus onéreux qu’ici. Je ne sais pas encore quand je vais mettre Izza à la crèche, je pense avant ses 2 ans, en septembre prochain.

lina izza

 

Natalys : Tu arrives à te ménager du temps et à garder de l’inspiration pour des projets perso ?

Lina : Oui j’ai du temps, je fais partie d’une association de promotion du leadership féminin Lean In Casa empowerment, et je vais aux réunions le soir ou le samedi matin. Mon mari garde la petite lorsque la nounou n’est pas là.
Ce n’est pas le manque de temps qui me retient, c’est mon envie de retrouver ma fille :) Je n’arrive pas à m’éloigner d’elle très longtemps, je suis une vraie maman gaga (qui essaye de ne pas l’être, mais a priori, ça ne marche pas).
Je ne me suis pas encore remise au sport, je faisais du Pilates et du yoga, mais je n’arrive plus à en faire. Les horaires ne me conviennent pas et j’ai aussi la flemme, je dois l’avouer. Comme j’ai perdu tout le poids de ma grossesse, c’est vrai que je ne vois pas l’utilité immédiate !

Natalys : C’est quoi ton endroit préféré à Casablanca quand tu es avec Izza ?

Lina : Aïe, question délicate à Casablanca où il n’y a pas beaucoup d’espaces verts. Aussi, on va sur la corniche en bord de mer, le week-end. Et dans quelques restaurants où Madame a ses habitudes ! Un parc est en cours de rénovation, on attend impatiemment sa réouverture.
Sinon, nous habitons en plein centre ville dans un appartement mais depuis qu’Izza a deux mois, elle sort tous les matins faire une promenade du quartier d’une heure environ. Elle connaît et salue les voisins, les commerçants, les concierges. C’est important pour elle, elle adore ça. Je trouve que ça améliore son éveil et sa santé, même si Casablanca est très polluée, au moins elle n’est pas confinée à la maison.

 

izza

Natalys : Un conseil, une astuce, pour les futures mamans ?

Lina : Oui, j’en ai au moins trois !
Conseil 1 : Aller voir un homéopathe. Beaucoup de maux de grossesse (et post accouchement) sont guérissables avec l’homéopathie, des maux tant physiques qu’émotionnels. C’est assez fastidieux mais il faut persévérer et prendre le traitement.

Conseil 2 : Lire un livre sur le sommeil de son enfant, avant d’accoucher. Il faut comprendre le système des enfants (à quel age ils peuvent réguler leur faim, etc.) et vite prendre en main ce volet qui n’est pas inhérent à chaque enfant, c’est aux parents d’apprendre à leur enfant à faire leur nuit et à dormir sereinement.
C’est très important et ça peut sauver votre santé, votre mental, votre couple, etc.

Conseil 3: Laisser de la place au papa. Primordial pour tous. Chacun sa méthode, ce n’est pas grave si les choses sont faites différemment.

Natalys : Merci beaucoup Lina !

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