“J’ai eu un enfant après mes 40 ans” : le témoignage de Céline

Natalys : Bonjour Céline, tu peux nous parler un peu de toi et de ta petite famille ?

Céline : Bonjour ! Je m’appelle Céline, j’ai 41 ans et je suis journaliste. Je suis la maman d’Ambroise, qui a maintenant 4 ans et de Garance, qui est née en janvier 2017.
J’ai eu Ambroise à 37 ans et Garance à 41.

Natalys : Est-ce que tu as noté une différence entre les deux grossesses ? Tu as pris des dispositions particulières ?

Céline : J’ai opté moi-même pour une différence de suivi. Pour Ambroise, j’ai été suivie par une sage-femme en libéral.
Là, je me suis dit que j’avais plus de risques, j’ai donc décidé de faire tout mon suivi à la maternité. Mais honnêtement, je n’ai pas senti beaucoup de différences. Par contre, j’ai pris la liberté de faire des tests assez poussés.
Ma prise de sang et ma première écho ont révélé que ma grossesse n’était pas à risque, pour Ambroise comme pour Garance.
Toutefois, j’ai préféré faire une amniocentèse pour ma première grossesse, malgré le risque de fausse couche, et le fait que ça ne soit pas remboursé.
Pour Garance, j’ai fait le nouveau test ”non invasif” qui remplace l’amniocentèse, qui nécessite une simple prise de sang et qui est ainsi moins risqué (mais non remboursée non plus). Ces tests servent à détecter d’éventuelles trisomies.
Mon médecin n’a pas vraiment compris pourquoi je faisais tout ça alors que mes grossesses n’étaient pas jugées à risque mais j’avais besoin d’être rassurée.

Natalys : Quels ont été les retours de ton entourage quand ils ont appris la bonne nouvelle ?

Céline : Ma sœur et moi avons eu des enfants tardivement. Aussi, ma mère a été vraiment heureuse et même soulagée quand elle a appris que nous étions enceintes, elle s’était un peu résignée à ne jamais avoir de petits-enfants !
Il faut dire que nous nous sommes toutes deux mises en couple assez tard.

Natalys : Est-ce qu’il a été compliqué pour toi de tomber enceinte ?

Céline : Pour Ambroise, pas du tout. Pour Garance, ça a pris un peu plus de temps. Je savais qu’en vieillissant, je devenais moins féconde.
Comme je m’inquiétais un peu, j’ai vu une gynéco pour une batterie de tests afin de savoir si c’était toujours possible d’avoir un enfant. C’était le cas !
Donc j’ai eu une petite inquiétude mais finalement, je suis tombée enceinte de Garance naturellement.

Natalys : Est-ce qu’il y a eu des difficultés particulières pendant tes grossesses ?

Céline : J’ai eu du diabète gestationnel les deux fois.
J’ai été suivie par une sage-femme diabétologue. Pendant 15 jours, j’ai du relever ma glycémie jusqu’à 6 fois par jour (en me piquant le doigt) et noter tous mes repas. Ensuite, on a défini un régime à suivre pour stabiliser ma glycémie, pour mes trois derniers mois de grossesse.
En gros, il s’agit surtout de réduire les sucres rapides (fruits, gâteaux, chocolats) et de manger équilibré. Ce n’est pas très agréable de se piquer aussi régulièrement, c’est contraignant.
Je n’étais pas vraiment enchantée à l’idée de recommencer pour ma deuxième grossesse. C’est facile d’oublier de relever sa glycémie, je mettais des alarmes pour me le rappeler mais on est vite prise par autre chose !
Enfin, j’ai réussi à garder une glycémie stable et je n’ai pas eu besoin de piqûres d’insuline.
J’ai aussi accouché les deux fois par césarienne parce que mes deux bébés étaient en siège mais je ne sais pas vraiment si cela a un rapport avec mon âge.
Sinon, autant j’avais une forme olympique quand j’étais enceinte d’Ambroise, autant j’étais vraiment exténuée pour Garance. J’ai même dû être arrêtée quelques semaines avant mon congé : je n’arrivais pas à me déplacer, j’étais complètement épuisée.

Natalys : Comment ça s’est passé avec ton aîné, l’arrivée d’une petite soeur ?

Céline : C’était franchement mon sujet de stress principal. Ambroise, c’est la première personne à qui nous avons annoncé mon compagnon et moi que j’étais enceinte.
Certaines personnes ont jugé que c’était trop tôt pour lui dire mais je pense qu’il était assez grand pour comprendre et que ça l’a aidé à préparer l’arrivée de sa petite sœur.
Je lui ai acheté des livres sur le sujet aussi, que l’on a lu ensemble, comme ”J’attends un petit frère ou une petit sœur”. Et j’ai suivi un cours à la maternité de Beauvais qui s’appelle “Préparation des aînés.”, c’était vraiment rassurant.
Mais là au quotidien, je suis encore en apprentissage au niveau de la gestion des deux. Je n’ai pas envie de laisser tomber Ambroise au profit de Garance !

Natalys : Il y a d’autres personnes pour s’occuper d’eux ?

Céline : Oui, bien sûr ! Ambroise va souvent chez l’assistante maternelle.
Même si ça me fait un peu culpabiliser de ne pas pouvoir aller le chercher à l’école, ça me rend quand même énormément service. Mon compagnon est aussi très présent.
Quand Ambroise est né, il était en télé-travail, c’était vraiment arrangeant.
Maintenant, il travaille dans un bureau mais à côté de chez nous, il peut y aller en vélo. Quand il sent que je fatigue, il rentre le midi. Et il essaie de sortir tôt le soir.
Il se lève aussi souvent la nuit pour les biberons. Mes parents aussi peuvent prendre le relais de temps à autre. Dernièrement, nous avons laissé Garance pour une journée chez eux, comme ça j’ai pu passer du temps avec Ambroise, l’emmener au cinéma, à la piscine. C’est important de continuer à avoir des moments privilégiés comme ceux-ci.

Natalys : Tu penses reprendre le travail bientôt ?

Céline : Je devais reprendre au mois d’avril mais je pense plutôt prendre un congé parental et reprendre en septembre.
Nous habitons à Beauvais et je travaille à Paris, ce qui représente trois heures de trajet par jour… J’aimerais bien me reposer un peu et être là pour les enfants avant de reprendre un tel rythme.

Natalys : Tu aurais des conseils pour les futures ou actuelles Mamans qui nous lisent ?

Céline : J’ai trouvé ça chouette de bénéficier de ce qui s’appelle le PRADO (Programme d’Accompagnement du retour à Domicile). On peut sortir un jour plus tôt de la maternité si l’accouchement s’est bien passé et être suivie par une sage-femme à la maison pendant deux jours. Elle m’a donné des conseils et m’a beaucoup écouté concernant mon stress. Elle a aussi été très rassurante à propos du baby blues.
Globalement, je trouve ça très important de se permettre de parler de ses inquiétudes et de ses angoisses avec les personnes qui nous entourent.
J’ai regardé récemment un replay des Maternelles dont le sujet était le baby blues.
Il a été précisé qu’il ne durait en général que quelques jours. Quand Ambroise était bébé, il pleurait énormément et j’étais vraiment angoissée.
Mon baby blues a duré près de trois semaines. Quand j’ai commencé à en parler à des amies qui avaient déjà des enfants, je me suis aperçue que c’était le cas aussi pour beaucoup d’entre elles !
Le jour où j’ai appelé le pédiatre et j’ai prononcé la phrase “Je prends rendez-vous pour mon fils.” j’ai vraiment eu une sensation très bizarre.
Je comprenais soudainement que j’avais la responsabilité d’un enfant ! C’est très lourd à porter, on s’inquiète beaucoup, on est angoissée qu’il lui arrive quelque chose.
Je suis vraiment contente d’avoir pu en parler à des amies. Je crois que c’est important de ne pas se renfermer, de recevoir du monde à la maison même si on est fatiguée (sans se pousser à bout non plus, bien entendu). Ça permet de parler, de se changer les idées et de présenter notre petite merveille !

Natalys : Merci beaucoup Céline !


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